2/2022

LE COURRIER INTERNATIONAL SEMESTRIEL
DES PEUPLES AUTOCHTONES

Bonjour à toutes /tous

Depuis mars 2021, de fait de traitements de plusieurs cancers succesifs
(rein, poumon, aorte), j'ai du alléger le rythme de mon activité au GITPA
et ce pour un temps encore indéfini.
Je remercie tous ceux et, celles qui, dans ces circonstances,
m'ont apporté leur soutien.
Patrick Kulesza. Président éxécutif du GITPA.

 

LETTRES ELECTRONIQUES D'INFORMATION ÉMISES AU COURS DU DEUXIÉME SEMESTRE 2022

Inde : Les adivasis protestent contre la destruction de la forêt Hasdéo
Russie: Une nouvelle vague de colonisation menace les droits des peuples autochtones de l'Arctique
Brésil : Nouvel assaut contre les Territoires Autochtones (mars 2022)
Indonésie : Expulsion de 20.000 autochtones pour la construction de la nouvelle capitale, Nusantara, sur l'île de Bornéo.
Tanzanie : Expulsions de pasteurs maasaï de leurs terres ancestrales
ONU : Instance permanente sur les Questions Autochtones: Session 21 (2022)
Chili: Le projet de Constitution définit un État plurinational, interculturel et multilingue
Brésil : Campagne contre le Groupe Casino ( juin 2022)
Pérou : Débat sur la protection d'un peuple en isolement volontaire
Tanzanie : Expulsion violente des maasaï ( juin 2022)



NOUVELLES LETTRES ÉLECRONIQUES

Arctique :
Le Conseil circumpolaire inuit publie un Protocole
encadrant les activités dans le Nord

Brésil:
Indignation aprés le double assasinat sur le Rio Javari

Chili :
Les autochtones Mapuche veulent
reconquérir leurs terres

Équateur:
Léonidas Iza, le leader infléxible à la tête
du mouvement autochtone

Inde:
Où va la Conservation-forteresse ?

USA:
Au Musée des Confluences à Lyon:
Le Sioux, construction de l'homme blanc


ACTUALITE DES PUBLICATIONS ( LIVRES, RAPPORTS

 

BLANC Guillaume, 2022, L'invention du colonialisme vert Pour en finir avec le mythe de l'Éden africain. Flamarion. 352p.
L’histoire débute à la fin du XIXe siècle. Persuadés d’avoir retrouvé en Afrique la nature disparue en Europe, les colons créent les premiers parcs naturels du continent, du Congo jusqu’en Afrique du Sud. Puis, au lendemain des années 1960, les anciens administrateurs coloniaux se reconvertissent en experts internationaux. Il faudrait sauver l’Éden ! Mais cette Afrique n’existe pas. Il n’y a pas de vastes territoires vierges de présence humaine, et arpentés seulement par ces hordes d’animaux sauvages qui font le bonheur des safaris touristiques. Il y a des peuples, qui circulent depuis des millénaires, ont fait souche, sont devenus éleveurs ici ou cultivateurs là. Pourtant, ces hommes, ces femmes et enfants seront – et sont encore – expulsés par milliers des parcs naturels africains, où ils subissent aujourd’hui la violence quotidienne des éco-gardes soutenus par l’Unesco, le WWF et tant d’autres ONG. Convoquant archives inédites et récits de vie, ce livre met au jour les contradictions des pays développés qui détruisent chez eux la nature qu’ils croient protéger là-bas, prolongeant, avec une stupéfiante bonne conscience, le schème d’un nouveau genre de colonialisme : le colonialisme vert.

 

EDRICH Louise, 2022, Celui qui veille. Albin Michel. 560p.
Dakota du Nord, 1953.Thomas Wazhashk, veilleur de nuit dans l'usine de pierres d'horlogerie proche de la réserve de Turtle Mountain, n'est pas près de fermer l'oeil. Il est déterminé à lutter contre le projet du gouvernement fédéral censé « émanciper » les Indiens, car il sait bien que ce texte est en réalité une menace pour les siens. Contrairement aux autres jeunes employées chippewas de l'usine, Pixie, la nièce de Thomas, ne veut pour le moment ni mari ni enfants. Pressée de fuir un père alcoolique, insensible aux sentiments du seul professeur blanc de la réserve comme à ceux d'un jeune boxeur indien, elle brûle de partir à Minneapolis retrouver sa soeur aînée, dont elle est sans nouvelles. Pour « celui qui veille », n'ayant de cesse d'écrire aux sénateurs dans le but d'empêcher l'adoption de la loi, quitte à se rendre lui-même à Washington, comme pour Pixie, qui entreprend le premier voyage de sa jeune existence, un long combat commence. Il va leur révéler le pire, mais aussi le meilleur de la nature humaine. Inspirée par la figure de son grand-père maternel, qui a lutté pour préserver les droits de son peuple, Louise Erdrich nous entraîne dans une aventure humaine peuplée de personnages inoubliables. Couronné par le prix Pulitzer, ce majestueux roman consacre la place unique qui est la sienne dans la littérature américaine contemporaine.


A PARAITRE OCTOBRE 2022

KULESZA Patrick, 2022, Quel avenir pour les peuples autochtones
d'Asie
?. L'Harmattan. Collection Questions autochtones.510p.

La publication de cet ouvrage résulte d’une triple prise de conscience : d’une urgence, d’un enjeu, d’une espérance.
Une urgence liée à une forte aggravation, ces dernières années, des atteintes aux droits des peuples autochtones d’Asie, nous ne citerons que les cas des Rohyngias en Birmanie, des Ouighours au Sin - Kiang en Chine et des adivasis en Inde dont la presse internationale a largement rendu compte. Ces trois cas s’ajoutent à des exactions anciennes et catastrophiques pour d’autres peuples moins nombreux et moins médiatisés tels que les Jummas du Chittagong Hills Tracts au Bengladesh, les Bédouins du Néguev en Israël sans oublier la politique ethnocidaire envers les Tibétains menée de façon constante par le gouvernements Chinois.
Un enjeu, car les membres des peuples autochtones d’Asie représentent une nette majorité des peuples autochtones de la planète, estimés ente 360 et 450 millions dont la situation fait l’objet d’un suivi étroit par les différents mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies au niveau national et international.
Une espérance, qui découle du développement du droit international pour les peuples autochtones dont une étape très importante a été l’approbation par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2007 de la Déclaration des Nations Unis des droits des peuples autochtones, par une très large majorité des États asiatiques. A ces progrès s’ajoute la capacité des autochtones de s’organiser localement, régionalement, nationalement et internationalement pour revendiquer leurs droits. La création de nombreuses ONG dédiées à cette cause et l’émergence de nombreux leaders y ont beaucoup contribué. L’ouvrage est organisé en 3 parties, 22 Chapitres et 41 articles 1- Qui sont les peuples autochtones ? 2. A quoi sont ils confrontés ? 3. Comment font ils face ? Il couvre tous des États d’Asie du sud, d’Asie du sud est, d’Asie de l’Est, soit 15 États. Environ 1.500 peuples autochtones differents
.
Projet de Sommaire

 

 

 


A PARAITRE SEPTEMBRE 2022

IWGIA-GITPA, 2022, Le Monde Autochtone 2022.
Le Rapport est le résultat unique d'un effort de collaboration entre des militants et des universitaires autochtones et non autochtones qui documentent et rapportent volontairement sur le situation des droits des peuples autochtones. Pendant 36 années consécutives, IWGIA a publié The Indigenous World et El Mundo Indigena, en collaboration avec cette communauté d'auteurs. Le Rapport en français : le Monde autochtone es publié par le GITPA depuis 2008.
Cet aperçu annuel sert à documenter et à rendre compte des développements que les peuples autochtones ont connus tout au long de chaque année. IWGIA et le GITPA publient ce volume dans le but de l'utiliser comme un outil de documentation et une source d'inspiration pour promouvoir, protéger et défendre les droits des peuples autochtones, leurs luttes, leurs visions du monde et leur résilience. Nous espérons que les peuples autochtones eux-mêmes, ainsi que leurs organisations, le trouveront utile dans leur travail de plaidoyer et pour améliorer la situation des droits humains des peuples autochtones. Nous souhaitons également que Le Monde Autochtone soit utilisé comme référence principale par un public plus large intéressé par les questions autochtones qui, à travers ces pages, peut plonger dans les réalités locales et se familiariser davantage avec la situation actuelle des droits des peuples autochtones dans le monde. . Nous voudrions souligner que toute omission d'un rapport spécifique sur un pays ne doit pas être interprétée comme si aucune nouvelle n'était une bonne nouvelle. En fait, parfois, c'est précisément la situation précaire des droits de l'homme qui rend difficile l'obtention de contributions de pays spécifiques. Dans d'autres cas, nous n'avons tout simplement pas réussi à faire en sorte qu'un auteur couvre un pays en particulier.

LE MONDE -LA VIE, 2022, L' atlas les peuples en cartes.
La notion de peuple ne cesse d'être convoquée par l'actualité. Les peuples autochtones défendent leurs droits, le populisme progresse dans une Europe qui se barricade face aux migrations, les tensions «ethniques» perdurent dans de nombreux pays du mondeâ?- À l'heure des revendications identitaires, ce hors-série revient sur la façon dont se sont construits les peuples et les États-nations au fil du temps, et sur ce qui les définit : une langue, un territoire, une culture, un récit fondateurâ?- Pas aussi simple qu'il n'y paraît.

MITIAJUK Nappaaluk, 2022, Sanaaq. Dépaysages, Collection Talismans

Un roman atypique. Sur la vie. Au jour le jour. Les joies et les peines d’une petite communauté inuit du nord du Canada. On y apprend à construire en toute hâte un iglou, à repérer la glace traîtresse, à chasser l’ours avec des chiens de traîneau, à préparer de la viande séchée de phoque et à interpréter les signes de la présence de Tuurngaq, un esprit auxiliaire de chamane que n’apprécient guère les premiers missionnaires chrétiens. Surtout, une expérience rare est ici offerte, celle de voir le monde singulier des Inuit avec les yeux de l’héroïne, Sanaaq. Une femme qui, à l’image de l’auteure du roman, écrivaine analphabète et docteure sans cursus scolaire, ne s’en laisse jamais conter

MO MALE, 2022, Qaanaaq, Babelio, 558p.

Dans le vaste pays blanc, l'esprit de Nanook se réveille. Le grand ours polaire, seigneur des lieux, protégera les siens. Jusqu'au bout. Adopté à l'âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n'a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C'est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d'aller aider la police locale, démunie devant ce qui s'annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d'une attaque d'ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ? Flanqué de l'inspecteur inuit Apputiku ? grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps ?, Qaanaaq va mener l'enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu'au secret de ses origines. Mo Malø est l'auteur de nombreux ouvrages, sous d'autres identités. Il vit en France. Qaanaaq est son premier roman policier.

ROSTAN Stephen. 2021. La forêt vierge d'Amazonie n'existe pas. Le Pommier. 368p.

Depuis trop d'années, le grave état de santé de l'Amazonie inquiète. Déforestation sauvage, incendies, élévation de la température... Autant de symptômes d'un fatal déséquilibre aux prochaines implications climatiques globales, et irrémédiables. En cause ? Une destruction systématique menée, depuis trois siècles à peine, par les sociétés occidentales. Mais celles-ci, contrairement aux idées reçues, ne menacent pas seulement la plus grande forêt tropicale du monde, mais également les Amérindiens, qui ont pourtant toujours vécu en interaction avec leur milieu naturel. Dans cet essai original d'écologie historique, Stéphen Rostain brosse un panorama complet de ces relations et des puissantes dynamiques à l'oeuvre. Il se propose, plutôt que d'en rester à un constat d'échec, de comprendre les divers usages qui ont été faits de cette nature sylvicole – du plus néfaste au plus bénéfique –, ouvrant des horizons face à la chronique habituelle d'une mort annoncée. Un livre bienvenu, et de plus illustré de nombreuses images méconnues, mais saisissantes, dont les oeuvres du grand photographe Sebastião Salgado.

TRIPLET Patrick, 2022, Dictionnaire encyclopédique de la diversité biologique et de la conservation de la nature.1315p.

Cet ouvrage est destiné aux étudiants qui me sollicitent souvent, parfois trop même, car je ne suis pas là pour réfléchir à leur place ni rédiger les mémoires qui doivent prouver leur valeur, aux conservateurs de la nature, aux enseignants, aux décideurs, aux juristes, au personnel des aires protégées, en pensant plus particulièrement à celui des aires protégées d’Afrique francophone, qui n’a pas toujours la possibilité de rechercher sur le net la signification d’un terme particulier et qui cherche la bonne utilisation d’un vocabulaire couvrant différents domaines des sciences de la terre et de la nature. Et il me semble bien préférable de savoir ces gestionnaires sur le terrain plutôt que devant l’écran de leur ordinateur, comme cela est hélas Dictionnaire encyclopédique de la diversité biologique et de la conservation de la nature. Patrick Triplet 2 bien trop souvent le cas.

TRUC Olivier. 2022.Les chiens de Pavik, Métalié. 432p.

Ruoššabáhkat, « chaleur russe », c’est comme ça qu’on appelait ce vent-là. Ruoššabáhkat, c’est un peu l’histoire de la vie de Piera, éleveur de rennes sami dans la vallée de Pasvik, sur les rives de l’océan Arctique. Mystérieuse langue de terre qui s’écoule le long de la rivière frontière, entre Norvège et Russie. Deux mondes s’y sont affrontés dans la guerre, maintenant ils s’observent, s’épient. La frontière ? Une invention d’humains. Des rennes norvégiens passent côté russe. C’est l’incident diplomatique. Police des rennes, gardes-frontières du FSB, le grand jeu. Qui dérape. Alors surgissent les chiens de Pasvik. Mafieux russes, petits trafiquants, douaniers suspects, éleveurs sami nostalgiques, politiciens sans scrupules, adolescentes insupportables et chiens perdus se croisent dans cette quatrième enquête de la police des rennes. Elle marque les retrouvailles – mouvementées – de Klemet et Nina aux confins de la Laponie, là où l’odeur des pâturages perdus donne le vertige. Olivier Truc nous raconte le pays sami avec un talent irrésistible. Il sait nous séduire avec ses personnages complexes et sympathiques. Et, comme dans Le Dernier Lapon et La Montagne rouge, il nous emmène à travers des paysages somptueusement glacés.

WRM, 2022.15 ans de REDD: Un système fondamentalement vicié.

Depuis son introduction en 2007, la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD) est devenue la politique forestière dominante dans le monde et s'accompagne d'un impact négatif sur les communautés forestières, en particulier dans les pays dotés de forêts tropicales. L'expérience a démontré de manière accablante l'échec catastrophique de REDD à lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts et, pire encore, le dispositif a également renforcé la crise climatique et n'a eu aucune influence sur les causes de la déforestation. La REDD, en fait, est devenue une cause sous-jacente de la déforestation et du changement climatique lui-même. Cette publication rassemble 11 articles qui se penchent sur les dimensions fondamentales et dangereuses de la REDD. Nous espérons que chacun d'entre eux contribuera à renforcer nos arguments et nos actions contre la compensation carbone et à dévoiler ce qu'elle est vraiment : un système raciste qui ne pourra jamais être amélioré ou corrigé, car il est conçu pour « maintenir ouvert le robinet du pétrole » et, avec lui, le système capitaliste qui est à l'origine des crises climatiques, forestières et sociales actuelles.

ACTUALITÉ DES FILMS -VIDÉOS

Gulpilil, 2022, Molly Reynolds, 1h42

En 2017, l’acteur David Gulpilil apprend qu’il a un cancer du poumon et qu’il lui reste 6 mois à vivre. Mais defíant tous les pronostics, Gulpilil marque ses 50 ans de carrière au cinéma en foulant le tapis rouge pour la première mondiale de My Name is Gulpilil au Festival d’Adélaïde en mars 2021. Gulpilil est une figure emblématique du cinéma australien. Il est le seul acteur à avoir joué dans les deux films australiens les plus rentables de tous les temps, Crocodile Dundee (1986) et Australia (2008). David Gulpilil est connu à travers le monde pour ses performances inoubliables – depuis le rôle qui l’a révélé dans Walkabout (1971) en passant par des films tels que Storm Boy (1976), Mad Dog Morgan (1976), The Last Wave (1977), The Tracker (2002), Rabbit Proof Fence (2002), The Proposition (2005) et son rôle récompensé par le prix du meilleur acteur à Cannes dans Charlie’s Country (2013). Ayant porté à l’écran tant d’histoires légendaires, Gulpilil, en phase terminale de sa maladie, partage généreusement son histoire avec nous dans My Name is Gulpilil. L’acteur, danseur, chanteur et peintre nous emporte avec audace vers le voyage extraordinaire qu’a été sa vie. David Gulpilil est décédé en novembre 2021.

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