CHRONOLOGIE GUARANI

• 1556 : les Espagnols introduisent le système de l’encomienda, par lequel chaque encomandero s’engage à évangéliser et à « sortir de la barbarie » un certain nombre d’Indiens qui en retour doivent se mettre à son service.

• 1570 : La Couronne espagnole interdit, l’esclavage des Indiens dans les colonies

• 1580 : Des révoltes indiennes atteignent une grande violence au Paraguay et rendent le pays ingouvernable. C’est pour sortir de cette impasse que les Espagnols font appel en 1585 à des ordres religieux : les Franciscains et les Jésuites.

• 1585-1609 : Implantation des Jésuites à Asuncion et dans le sud de l’actuel Brésil (région du Guaira) .

• 1603 : Un synode réuni à Asuncion prévoit de rassembler les Indiens dans ce qu’on va appeler les réductions.

• 1604 : Le roi Philippe III d’Espagne donne aux Jésuite l’administration de la province dite du Paraguay (qui comprenait aussi le chili)

• 1607 : Ordonnance qui précise que les Indiens convertis ne pouvaient être réduits en esclavage et devaient être exemptés d’impôts pour une période de dix ans.

• 1609 :
– Ordonnance (Cedula magna) qui décrète que « les Indiens devaient être aussi libres que les Espagnols ».
– les Jésuites fondent leur première « réduction« : San Ignacio guasu.

• 1611 : Ordonnances d’Alfaro la monarchie espagnole fournit aux « réduction » une base législative claire. Les réductions sont strictement interdites aux Blancs, Noirs et Métis. Les Indiens sont exemptés du système de l’encomienda, selon lequel des Indiens, confiés à un colon, devaient recevoir de lui protection et instruction chrétienne en échange de travail sur son exploitation.

• 1630 : Il y a déjà onze réductions rassemblant 10 000 chrétiens. Elles sont constamment assaillies par les bandeirantes (chasseurs d’esclaves portugais et métis qui revendent les Indiens sur les marchés de Sao Paulo)

• 1631 les missions du Guaira sont abandonnées et des milliers d’Indiens se replient dans la région du Parana en suivant le père Montoya en particulier (épisode souvent connu comme l’exode guarani)

• 1638 : Les pères Antonio Ruiz de Montoya et Francisco Díaz Taño entament un voyage en Espagne dans le but de rendre compte au roi Philippe IV de ce qui se passe dans les réductions. Leur intention est d’obtenir du roi la levée de l’interdiction du maniement d’armes de la part des indigènes afin qu’ils puissent se défendre des Portugais et ainsi défendre les frontières du royaume d’Espagne.

• 1640 (12 mai) : il est permis que les Guaranis prennent des armes à feu pour se défendre, mais toujours en en avisant le vice-roi du Pérou.

• 1641 (14 mars): Bataille de Mbororé, un affrontement entre les guaranís qui habitaient les Missions jésuites des Guaranis et les bandeirantes, explorateurs et aventuriers portugais dont le centre d’action était à São Paulo. Le lieu de la bataille se trouve dans la province de Misiones, en Argentine. La bataille s’est terminée par la victoire guaranie.

• La première moitié du XVIII siècle: Les missions Jésuites atteignent leur apogée avec entre 140 000 Indiens catholiques dans environ trente réductions.

• 1750 : Traité de Madrid (ou des limites) : entre Ferdinand VI d’Espagne et Jean V de Portugal, qui remplace le traité de Tordesillas fixant les frontières entre les possessions espagnoles et portugaises. Une partie importante des réductions Jésuites est cédée au Portugal, dont l’homme fort est le premier ministre, le marquis de Pombal. Grand ennemi des Jésuites, il exige l’évacuation de sept réductions abritant 30 000 habitants.

• 1753 : Les Guaranis entrent en rebellions sous la conduite du corregidor Sépé Tiaraju qui s’oppose aux autorités hispano-portugaises.

• 1754 : Les troupes espagnoles, parties de Buenos Aires et de Montevideo, attaquent par le sud, alors que l’armée lusitano-brésilienne entre au Paraguay par le rio Jacuí. Les deux armées (environ 3 000 hommes) se rejoignent à proximité de la frontière paraguayenne.

• 1755 : Tiraju Sépé est tué

• 1767 : Les Jésuites sont définitivement expulsés en 1767 avant que leur ordre soit officiellement supprimé par le pape Clément XIV en 1773.

• 1777 : L’Espagne recouvre une partie du territoire à l’est du rio Uruguay (qui deviendra l’Uruguay) lors du Traité de San Ildefonso.

• 1801 : Un recensement ne fait plus état que de 45 000 Indiens là où ils étaient autrefois trois fois plus nombreux.

• 1840-1860 : Expéditions de colonisation ( nommées « Itinéraires ») réalisés par le baron de Antonina; une série d’expédition coloniales de reconnaissances des « sertoes » des provinces de Sao Paulo, Parana et sud Mato Grosso.

• 1864-1870 : Guerre du Paraguay ou Guerre de la Triple alliance, a opposé une coalition composée du Brésil, de l’Argentine et de l’Uruguay, au Paraguay. Cette guerre a commencé entre le Paraguay et le Brésil le 12 novembre 1864, ce conflit a été provoqué par la crainte du Paraguay d’un retournement de l’équilibre entre les quatre pays du bassin du Rio de la Plata à la suite du soutien du Brésil au renversement d’un gouvernement uruguayen, son allié, par un parti hostile. Il a servi ensuite aux deux principaux Alliés, le Brésil et l’Argentine, à régler à leur profit les litiges territoriaux portant sur des superficies considérables qui les opposaient au Paraguay depuis l’éviction de la Couronne d’Espagne de la région (années 1810). La population paraguayenne a été réduite à moins de moitié.

• 1882 : Découvrant la grande quantité d’herbe à maté, dans le sud de l’Etat du Mato Grosso (de l’époque) Thomas Laranjeira sollicite du gouvernement fédéral, l’autorisation de louer des terres pour les exploiter.

• 1892 : Fondation de la Companhia Mate Laranjeira qui obtient le monopole d’exploitation du maté dans toute une région occupée traditionnellement par les Kaiowa et les Guarani.

• Entre 1915 et 1928 : le Service de protection des Indiens, SPI, procède à la démarcation de 8 petites superficies de terres comme usufruit de la population autochtone, pour un total de 18.124 ha, avec pour objectif de rassembler les nombreux noyaux de populations guarani, dispersés sur un vaste territoire de l’actuel Etat de Mato Groso du sud.

• Années 1940 : Réforme agraire du Président Getulio Vargas

• 1943: G. Vargas créé, en plein territoire autochtone, la Colônia Agrícola Nacional de Dourados – CAND couvrant 300 000 ha avec l’objectif de donner accès à la terre à des milliers de familles de colons migrants . L’installation des colons sur des terres occupées par les Kaiowa provoque de graves et divers problèmes parce qu’elle met en question la présence des autochtones et impose leur transfert dans d’autres régions.

• A partir de la décennie de 1970 : avec la grande mécanisation des activités agricoles, l’introduction du soja provoque la fin des « villages refuges » situés dans les domaines des fermes où les Kaiowa et les Guarani résistaient et trouvaient de meilleures conditions pour la reproduction de leur système social.

• 1977 :
– Le Mato Grosso do Sul (MGDS) est séparé du Mato Grosso pour former un nouvel Etat.
– Création de la société Pro-alcool. L’industrie sucrière débute, avec l’installation des premières usines de production de sucre et d’alcool.

• 1978, un groupe de Kaiowa et de Guarani du ranch Jacaré de la Compagnie Mate Laranjeira, municipalité de Laguna Caraapâ, est déplacé de force, avec la participation de la FUNAI, à la terre autochtone Kadiwéu, dans la Serra do Bodoquena, municipalité de Porto Murtinho. Après un temps d’exil, ils entreprirent un long et pénible retour à leur propre terre dont ils avaient été expulsés.

• A partir de la décennie de 1980 : les Guarani et les Kaiowa, avec le soutien de secteurs de la société civile, reprennent possession des terres ( rotomada) de 20 anciens villages, au total 22.450 ha, aujourd’hui démarqués.

• 1983
– (28 octobre) : le village de Pirakuà, municipalité de Bela Vista, à la frontière du Paraguay, est repris par quelques familles autochtones.
– (25 novembre) : Assassinat de Marçal Tupâ’i qui soutenait la lutte du village de Pirakuà.

• 2003 (20 janvier) : Assassinat de Marcos Veron, leader de la communauté guarani-kaiowá de Takuára, qui durant 50 ans avec sa communauté, a tenté de récupérer une petite partie de son territoire ancestral après qu’un riche Brésilien l’ait transformé en une immense ferme d’élevage

• 2004 : Après le scandale de la mort de 21 enfants Guarani:
– un programme alimentaire est mis en place par le Gouvernement du MGDS pour aider les familles les plus démunies.
– un Groupe travail (GT) est constitué. Il préconise la création de 3 à 5 réserves pour un total de 600 000 ha. La publication du rapport du GT sera bloquée par les agro ruralistes.

• 2006 (1 février) : Plus de 4 000 Indiens Guarani du Paraguay, d’Argentine et du Brésil se réunissent à São Gabriel (RS), pour honorer les 250 ans du martyr de Sepé Tiaraju et de 1 550 Indiens Guarani massacrés par les troupes espagnoles et portugaises. En parallèle, a eu lieu la 1ere Assemblée continentale du peuple Guarani (Aty Guasu continentale) au cours de laquelle est débattu la question de l’accès à la terre. La figure du leader est devenue un symbole de la lutte pour le droit à la terre et pour la réforme agraire.

• 2007
– février
 : le gouvernement du MGDS cesse de fournir une aide alimentaire aux Guarani, deux enfants meurent et plusieurs dizaines d’autres sont hospitalisés des suites de malnutrition aiguë.
– 12 novembre) : Le Ministère public fédéral, en réponse aux demandes des Indiens, élabore un Termo de Ajustamento de Conduta – TAC- signé par la FUNAI et les chefs autochtones, par lequel la FUNAI s’engage à reconnaître un total de 36 nouvelles terres autochtones.

• 2011 (18 novembre) : Assassinat de Nicio Gomez

• 2013 (10 janvier) : La Fondation Nationale de l’Indien (FUNAI) confirme le droit du peuple Guaraní-Kaiowá à 41.571 ha de terres au MGDS

• 2013 (1 décembre) : Assassinat de Ambrósio
 Vilhalva, acteur du film La Terre des hommes rouges de Marco Bechis 2008

Chronologie revue par Capucine Boidin , membre du réseau de experts du GITPA