ASIE DU SUD

INDE



 

 


Peuples autochtones de l'Inde

Alors que le gouvernement indien se réfère aux peuples autochtones comme à des peuples "répertoriés", Adivasi est devenu le terme courant pour désigner les populations autochtones ou tribales. C'est un mot sanskrit qui signifie "peuple originaire". Contrairement à la position officielle du gouvernement, ce terme reflète le fait, largement reconnu, que ces peuples sont les plus anciens habitants du sous-continent et du nord-est de l'Inde.


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Les autochtones ou populations tribales des régions du nord-est (dans les sept états d'Arunachal Pradesh, d'Assam, de Manipur, de Meghalaya, de Mizoram, de Nagaland et de Tripura) ne s'auto - désignent pas Adivasi, ni ne sont mentionnés ainsi dans la littérature bien que cette appellation leur corresponde bien. Leurs représentants préfèrent utiliser le terme "peuples autochtones" (en anglais : " indigenous peoples").

Population

Au recensement de 2011, 104 millions de personnes étaient classées comme membres des tribus répertoriées, ce qui représente 8,6 % de la population totale, répartis en 461 groupes. Mais les estimations avancent le chiffre supérieur de 635 tribus vivant en Inde.


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Les tribus les plus importantes comme les Gond,les Bhils, les Santal, les Oraon, ou les Naga atteignent le million tandis que d'autres, comme les Inge ou les Grands Adamanais, des iles adaman sont au bord de l'extinction.


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La majorité des autochtones et des tribus vivent dans une zone presque continue allant du Gujarat à l'ouest aux sept états du nord-est, leur plus forte concentration (plus de 50%) se trouvant dans la région centrale. Le nord-est, où 220 groupes distincts ont été identifiés, présente la plus forte diversité ethnique et environ 12 % du total de la population autochtone de l'Inde.

Moyens d'existence

La population tribale est la plus pauvre du pays; les tribus "répertoriées" ont le taux de pauvreté le plus élevé des trois catégories de populations distinguées.

Un recensement de 1991 montrait que 52,17 % d'entre elles vivaient au-dessous du seuil de pauvreté. Parmi les castes répertoriées ce chiffre est de 48,14 %, parmi le restant de la population il est de 31,29 % et pour l'ensemble de l'Inde il est de 37,09 %.

Cette triste situation se reflète dans l'état de santé, de sous nutrition ou de malnutrition très répandus chez les villageois tribaux.

Particulièrement là où, les forêts ayant été détruites ou interdites, ils n'y ont plus accès, se trouvant ainsi privés de suppléments diététiques et monétaires.

La plupart des peuples autochtones de l'Inde ont vécu dans la forêt depuis des siècles. Elle leur donnait leur fourrage, leur nourriture, leurs plantes médicinales et couvrait leurs autres besoins. La transformation de la forêt en source de revenus et de bois, l'exploitation des ressources minérales ont conduit à la déforestation, à la perte de moyens d'existence et au déplacement des autochtones.

La grande majorité de la force de travail des tribus répertoriées appartient au secteur agricole (qui représente 66,84 % dans toute l'Inde), ce qui signifie que neuf dixièmes des familles tribales dépendent des ressources naturelles. La plupart d'entre elles pratiquent une agriculture permanente mais l'essartage (autrefois appelé agriculture sur abattis-brûlis) est encore la base de l'économie domestique dans beaucoup de régions montagneuses, notamment dans le nord-est.

Un petit nombre de groupes, dans l'Inde du sud et du centre et dans les îles Andaman, vivent encore totalement de la chasse, de la cueillette et de la pêche.

Les communautés tribales ayant été forcées de quitter les plaines fertiles où elles habitaient, la majorité des agriculteurs cultivent, avec des méthodes extensives, des terres marginales. L'irrigation, surtout, est absente de la plupart des régions, les rizières en terrasses, par exemple chez les Naga au nord-est, constituant une exception.

Les moyens d'existence fournis par les forêts ont toujours été d'une importance vitale pour la plupart des sociétés tribales. L'essartage permettait la régénération de la forêt par des alternances de jachères et de cultures, la chasse aux animaux sauvages représentait une source indispensable de protéines. La cueillette de plantes forestières apportait de la nourriture, du combustible, des remèdes médicinaux, des épices, des ornements, des teintures, etc. ; beaucoup de ces produits étaient vendus et constituaient la principale source de numéraire des villageois.

Certaines communautés de l'Inde centrale se sont spécialisées, fournissant d'autres communautés en produits artisanaux comme les paniers en vannerie, les textiles, des outils de fer, etc. Un petit nombre, croissant, de villageois deviennent ouvriers dans l'industrie.

Source : Christian Erni & Shimreichon :
"Indigenous and Tribal Peoples in India" (2001), ILO. Traduction GITPA.
Les 2 cartes et les tableaux de chiffres proviennent de:
Bertrand Lefebvre. 2005 "Les minorités tribales dans les territoires de l'Union indienne"

Termes désignant les peuples autochtones

Le gouvernement désigne les peuples autochtones par le terme « Scheduled tribes », cependant celui de Adivasi est devenu le plus communément employé pour les populations autochtones et tribales. C’est un mot en Sanskrit qui signifie « peuple originel ».

Contrairement à la position officielle du gouvernement, ce terme reflète le fait largement reconnu que ces populations sont les premiers habitants connus du sous-continent indien et du nord-est de l’Inde.
Les populations autochtones et tribales du nord-est (dans les 7 Etats: Arunachal Pradesh, Assam, Manipur, Meghalaya, Mizoram, Nagaland et Tripura) ne se nomment pas eux mêmes Adivasi, on ne les nomme pas ainsi non plus dans la littérature courante, en dépit du fait que la signification de ce terme s’applique également à ces peuples. Leurs représentants préfèrent le terme anglais « indigenous peoples » (peuples autochtones).

Source ERNI Christian, 2008, The Concept of Indigenous Peoples in Asia. A ressource Book, Document IWGIA N°123. 456p. Traduction pour le GITPA par Véronique Hahn de Bykhovetz